"Et plus le temps nous fait cortège
Et plus le temps nous fait tourment
Mais n'est-ce pas le pire piège
Que vivre en paix pour des amants"
Un sanglot muet fait le voyage de l'un à l'autre. Les yeux s'esquivent dans l'élipse des battements de paupières qui voilent les iris submergés. Passe un nuage de nâcre écaillé par le voyage à l'imparfait sur 2 visages décomposés. Lové près du clôcher, le coeur bat la chamade, sourd au glas du matin. La bouche porte à la main l'écûme des jours à s'aimer, son odeur les replonge au passé. Au loin un djembé matté claque le mot fin sur le cil humide, perdu en conjonctions de subordination. Furieux, Cronos les porte à bout de souffle dans un baiser qui leur noue le ventre et la gorge. Le coeur au bord des lèvres, ils ne sont plus qu'à l'imparfait d'une étreinte du déjà conjuguée pour la dernière fois. Le désir rendit l'âme au sommeil des vieux amants. Corps et armes déposés sur l'oreiller, il s'en alla sans élan. Trop de jeux de mots ont noyé les inconnues de l'équation du temps. Eros s'était joué d'eux: plus d'amour à se faire, plus de plaisir à se donner. Il piaffe, leur cheval d'orgueil et là le coeur n'y est plus, désarçonné. Le soleil prend la relève, délie les langues et les gestes des mutins camus qui, la tête haute et les rêves en berne, abreuvent leurs regrets de café et coca cola, se haranguant toujours à jamais.
"- Je te multiplie par moi.
- Tu me divises par toi.
- Laisse moi encore le temps que je pose 2...
- C'est déjà demain et je ne retiens rien. On verra à Noël
- On est déjà passés par là. L'avenir nous le dira..."
Les points de suspension tiendront qui sait jusqu'à Noël. À moins qu'ils ne croient plus aux Rois Mages, juste même pour conjurer le temps de leurs présents.

